Chapitre V: Justification épistémologique

1. La catégorisation en psychologie


Eleanor Rosch

La faculté de catégoriser est une fonction de base de l'intelligence. Un enfant de 3 ans sait déjà reconnaitre qu'une cigogne est un oiseau au même titre qu'un moineau. Il a appris la catégorie oiseau.

Les catégories peuvent être apprises par généralisation ou par description. Vous avez sans doute appris la catégorie oiseau bien avant de recevoir un cours de sciences naturelles sur la taxonomie générale des êtres vivants. Ce cours vous a peut-être contraint à revoir votre conception des oiseaux en y incluant des animaux bizarres tels que les autruches ou les manchots.

En psychologie cognitive on distingue les catégories concrètes et les catégories abstraites. les catégories concrètes sont celle pour lesquelles il existe un objet prototypique (oiseau), les catégories abstraites sont celles pour lesquelles il n'en existe pas (vertébré, car il n'y a pas vraiment de "vertébré moyen").
Dans ses travaux, Eleanor Rosch définit la catégorie de base d'un objet comme la catégorie concrète dont le prototype est le plus proche de cet objet. Elle est variable selon l'individu : si je vous dit merle vous me répondrez oiseau, si je vous dis aigle vous me répondrez peut-être rapace.

Notez qu'un même objet peut être classé sous une catégorie de base différente selon les propriétés envisagées : le canard est un oiseau s'il passe dans le ciel et une volaille s'il passe dans votre assiette.

La question centrale d'un processus de catégorisation est donc la suivante :
- Dans le cas qui m'occupe, puis-je raisonner en remplaçant l'objet particulier par son prototype sans que cela n'induise d'erreur de raisonnement? Si oui ma catégorie est utile, si non elle ne l'est pas.

Nous vous proposerons donc une catégorisation des humains utile dans deux contextes: l'introspection et l'interaction.

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