2. Les connexions corticales

connexion corticale

Le cortex n'est en réalité qu'une fine pellicule d'environ 3 mm repliée dans tous les sens pour tenir dans votre boîte crânienne. C'est ce qu'on appelle la matière grise. Elle contient différents types de neurones savamment empilés et interconnectés: une ramification de l'axone du neurone émetteur est connectée à une dendrite du neurone récepteur via une synapse.

Sous la matière grise se trouve la matière blanche. Elle ne contient pas de noyaux de neurones mais uniquement des axones qui la traversent pour aller exciter d'autres neurones situés un peu plus loin, soit dans le même hémisphère, soit dans l'autre hémisphère, soit dans les zones centrales : noyaux de la base, hypothalamus.

Notons au passage que les zones profondes du cerveau : thalamus, hypothalamus, ganglions de la base, hippocampes, amygdales jouent un rôle important dans ces échanges ainsi que dans la connexion du cerveau au reste du corps. Ils sont indispensables à la régulation de l'organisme ainsi qu'aux émotions, à la mémoire, à la conscience. D'aucun estime à l'heure actuelle qu'aucune entité cognitive ne pourrait se structurer sans fonctions organiques. En d'autres termes, on ne pourrait créer d'intelligence artificielle sans "émotions artificielles".

Mais revenons à nos moutons : des informations décodées dans les aires sensorielles peuvent par ces connexions intracorticales être transmises à des zones d'intégration hétéromodales, notamment du lobe frontal, pour être intégrées à la conscience.

Et c'est là que ça devient intéressant ! Car ces connexions fonctionnent dans les deux sens : c'est à dire qu'il y a des neurones des aires sensorielles qui étendent leur axone vers les aires "globales" pour faire leur rapport, mais il y a aussi des neurones des aires "globales" qui envoient leur axone exciter les aires sensorielles. De cette façon la pensée globale peut utiliser les aires sensorielles comme ressource pour construire des images mentales !

Par le terme "image" nous désignons ici les images visuelles mais également les images auditives, tactiles, etc. Devant le peu de résultats scientifiques disponibles actuellement sur ce sujet, on est réduit à imaginer que chaque aire sensorielle unimodale peut constituer un substrat à des images mentales spécifiques.

Précisons également que ces connexions peuvent être activées en parallèle et faire l'objet de traitements simultanés.

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Bibliographie
Antonio Damasio - 2002 - Le sentiment même de soi - Odile Jacob.
Webographie
Todd S.Braver, Jonathan D.Cohen - Working memory and prefrontal cortex.
Faculté de médecine Pitié-Salpêtrière - Configuration interne du cerveau.